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Les droits Humains: qu’est ce que c’est?

6 décembre 2019 @ 8 h 00 min - 17 h 00 min

Les droits humains… qu’est-ce que c’est ?
Comment participer à leur défense ?

 

Pour ceux qui désirent en savoir plus sur cette conférence, Christine Bika nous a aimablement confié son texte.

Du mystère de leur naissance en suivant le parcours de leur développement en passant par le choix des outils pour les défendre. Le choix d’Amnesty International, pourquoi ? Il existe une myriade d’associations et d’organismes qui défendent les droits humains, des ONG, des OIG des fondations, des ASBL… toutes actives, utiles et cherchant des forces ; alors pourquoi celle-là ?

 

Il serait bien difficile de dater la première revendication de ses droits par un être humain… comme il est presque impossible de dater précisément l’apparition des premiers sentiments d’amour, de compassion, de justice ou d’injustice… sans doute sont-ils nés dès les premières spoliations, le vol de terrains de chasse ou de cueillette … il est peu probable que la réflexion chez les hommes préhistoriques ait pu aboutir à une charte des droits des Cro-Magnon ou des Neandertal… mais au fond, en sommes-nous si certains ?

 

C’est là que surgit entre mes mains (puis resta dans ma pensée) le livre de Yuval Noah Harari « Sapiens Une brève histoire de l’humanité ». (Albin Michel).

Trois révolutions importantes infléchirent le cours de l’histoire : la révolution cognitive donna le coup d’envoi à l’ « Histoire » voici quelque 70.000 ans ; la révolution agricole l’accéléra encore voici environ 12.000 ans ; la révolution scientifique engagée voici seulement 500 ans pourrait bien mettre fin à l’histoire et amorcer quelque chose d’entièrement différent.

L’apparition de nouvelles façons de penser et de communiquer, entre 70.000 et 30.000 ans, constitue la révolution cognitive. Légendes, mythes, dieux et religions, – tous sont apparus avec la révolution cognitive. Auparavant, beaucoup d’animaux et d’espèces humaines pouvaient dire : « Attention, un lion ! ». Grâce à la révolution cognitive, Homo Sapiens a acquis la capacité de dire : « le lion est l’esprit tutélaire de notre tribu ». Cette faculté de parler de fiction est le trait le plus singulier du langage du Sapiens.

La révolution agricole favorisa les regroupements. La nécessité de favoriser la coopération apparut dès que le nombre de 150 individus fut atteint et dépassé. Comment Homo Sapiens a-t-il réussi à franchir ce seuil critique pour finalement fonder des cités de plusieurs dizaines de milliers d’habitants et des empires de centaines de millions de sujets ?

Le secret réside dans l’apparition de la fiction : de grands nombres d’inconnus peuvent coopérer avec succès en croyant à des mythes communs. Les religions n’ont pas d’autre source. L’égalité et les droits de l’homme… ? pareil, ce qui peut parfaitement faire sursauter. La DUDH, une fiction, pire, un mythe ?? Tout au plus, me dis-je, une utopie…

De nombreuses tentatives de codification des relations humaines et de systématisation du droit vinrent au jour au fil des siècles.

La Mésopotamie nous en fournit plusieurs exemples. On pensera au code d’Hammourabi, gravé sur une stèle célèbre conservée au Musée du Louvre, et dont je vous cite les premiers mots de l’épilogue : « Pour que le fort n’opprime pas le faible, pour faire justice à l’orphelin et à la veuve… » – il date de 1750-1790 avant J.C. et si le code est surtout destiné à glorifier le souverain juste et bon qui l’a dicté, il n’en reste pas moins qu’il témoigne d’un vrai souci de protection des personnes et de régulation du vivre-ensemble.

 

On pourra aussi évoquer le cylindre de Cyrus, un cylindre d’argile sur lequel est inscrite en cunéiforme une proclamation du roi de Perse Cyrus II en 539 av. J.-C

 

Ces textes parfois sont présentés comme les premières chartes des droits humains. Bien entendu, ça se discute…

 

L’une des premières tentatives de donner vocation large à des droits et libertés est la Magna Carta, une charte de soixante-trois articles rédigés en juin 1215 par des Anglais émigrés, en révolte contre leur roi Jean sans Terre. Cette « Grande Charte des libertés d’Angleterre » garantit le droit à la liberté individuelle.

 

Déjà, deux cas de figure peuvent être distingués : les conflits armés et le temps de paix.

 

Le souci de la majorité des gens est de vivre en paix, d’être protégés de l’arbitraire, de pouvoir subvenir aux besoins des leurs… en temps de paix comme en temps de guerre. La guerre est fréquente et il va se développer un droit qu’on qualifiera de droit humanitaire, dont l’un des plus remarquables théoriciens est le néerlandais Hugo Grotius, lequel vécut à l’époque de la guerre de trente ans, et d’un conflit long de presque un siècle entre les Pays Bas et l’Espagne. En 1625, il publia son livre « De jure belli ac pacis » (Du droit de la guerre et de la paix) où il présentait une théorie de la « guerre juste ». Ce titre peut sonner étrangement à nos oreilles du 21ème siècle…

Si le souci des gens est de vivre en paix… c’est également celui des commerçants, évidemment, et le 18ème siècle qui se clôturera en France par la révolution et sa déclaration des droits de l’homme et du citoyen est ce qu’il convient d’appeler le siècle des Lumières. Généralement, avec majuscule… la révolution française n’est pas une révolte du pain (bien qu’il y eût des jacqueries dans les années des règnes des Bourbon) … elle est une révolution d’intellectuels et de bourgeois, de commerçants. Elle renversera l’ordre établi, mais remplacera la noblesse par la bourgeoisie. Les philosophes tout autant que les précurseurs des économistes furent à la manœuvre tout au long de ce siècle ; on songera bien sûr à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, au Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau, mais aussi aux œuvres de Adam Smith l’inventeur du « marché » et de sa main invisible, ainsi que de l’idée de « doux commerce » pacificateur : les hommes, désireux de commercer et de faire des affaires, cesseraient de se faire la guerre dès lors qu’ils commerceraient.

 

De la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dès lors, on peut dire clairement qu’elle fut d’inspiration toute libérale, individualiste et certainement pas universelle puisqu’elle négligeait les droits de la moitié de l’humanité : les femmes qui furent pourtant largement à la manœuvre lors de cette révolution. Ne citons que le cas de la célèbre entre toutes Olympe de Gouges qui considérait que les femmes étaient capables d’assumer des tâches, traditionnellement confiées aux hommes et demandait qu’elles fussent associées aux débats politiques et aux débats de société. Elle rédigea une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, dans laquelle elle affirmait l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes, insistant pour qu’on rendît à la femme des droits naturels que la force du préjugé lui avait retirés. Ainsi, elle écrivait : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. »

 

Le 18ème siècle fut, dit-on, le siècle des Lumières.

 

Le 19ème sera hélas, celui de grands conflits. En 1859, Solférino laisse sur son champ de batailles des milliers de blessés et d’agonisants ; le sort des victimes émeut un homme d’affaires et humaniste suisse, Henri Dunant. Son livre « souvenirs de Solferino », sera à l’origine de la création de la Croix-Rouge.

 

Le 20ème siècle sera encore plus meurtrier… La première guerre mondiale sera fréquemment qualifiée de boucherie et à juste titre. Aujourd’hui encore, un siècle plus tard les stigmates des combats se voient dans certains lieux.

Bref, la Société des Nations voit le jour en 1919, et c’est une tentative qui n’aboutira pas à la préservation de la paix. Elle sera dissoute en 1946 et ses compétences et moyens transférés à la naissante Organisation des Nations Unies.

C’est dans le cadre des Nations Unies que voit le jour la déclaration universelle des droits de l’homme que nous connaissons aujourd’hui.

 

La DUDH : la première affirmation mondiale de la dignité et de l’égalité inhérentes de tous les êtres humains.

Après la Deuxième Guerre mondiale et la création de l’Organisation des Nations Unies, la communauté internationale jura de ne plus jamais laisser se produire des atrocités comme celles commises pendant ce conflit.  Plus jamais ça !

Les personnes derrière la vision : le Comité de rédaction de la DUDH

La Commission des droits de l’homme comprenait 18 membres de divers horizons politiques, culturels et religieux. Eleanor Roosevelt, la veuve du Président américain Franklin D. Roosevelt, présida le comité de rédaction de la DUDH aux côtés du Français René Cassin, le Rapporteur, le Libanais Charles Malik, le Vice-Président Peng Chung Chang de la Chine, et John Humphrey du Canada, Directeur de la Division des droits de l’homme des Nations Unies.

La Commission se réunit pour la première fois en 1947. Dans ses mémoires, Eleanor Roosevelt se souvient :

«  Chang était un pluraliste qui soutenait, avec beaucoup de charme, qu’il n’existe pas un seul type de réalité suprême.  La Déclaration, disait-il, ne doit pas se faire le reflet des seules idées occidentales et M. Humphrey devrait adopter une approche éclectique.  Sa remarque, bien qu’adressée à M.  Humphrey, visait en fait M.  Malik, lequel eut tôt fait de répliquer et d’expliquer par le menu la philosophie de Thomas d’Aquin.  M. Humphrey s’engagea avec enthousiasme dans le débat, et je me souviens qu’à un certain moment, M.  Chang suggéra que le Secrétariat pourrait bien passer quelques mois à étudier les aspects fondamentaux du confucianisme ».

 

La Déclaration universelle est constituée de30 articles ; les deux groupes d’articles principaux sont les droits civils et politiques et économiques, sociaux et culturels.

Cette déclaration universelle des droits de l’homme n’a pas en soi de caractère contraignant direct : c’est plutôt une déclalratio d’intention… elle doit être signée, puis ratifiée par les pays qui souhaitent s’engager. Elle a effectivement inspiré plus de 80 déclarations et traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, un grand nombre de conventions régionales sur les droits de l’homme, des projets de loi nationaux sur les droits de l’homme, et des dispositions constitutionnelles, ce qui constitue un système global juridiquement contraignant pour la promotion et la protection des droits de l’homme.

Sur la base des réalisations de la DUDH, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses deux Protocoles facultatifs, et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels sont entrés en vigueur en 1976. Ces deux Pactes ont développé nombre d’articles enchâssés dans la DUDH les rendant effectivement contraignants pour les États qui les ont ratifiés. Ils définissent des droits ordinaires tels que le droit à la vie, l’égalité devant la loi, la liberté d’expression, les droits au travail, à la sécurité sociale et à l’éducation. Avec la DUDH, ces Pactes constituent la Charte internationale des droits de l’homme.

Au fil du temps, les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme se sont concentrés et spécialisés de plus en plus dans les problèmes à traiter ainsi que sur les groupes sociaux qui ont besoin de leur protection. La législation relative aux droits de l’homme continue de croître et de développer plus avant les libertés et les droits fondamentaux qui figurent dans la Charte internationale des droits de l’homme, examinant notamment les droits et les préoccupations portant sur la discrimination raciale, la torture, les disparitions forcées, les personnes handicapées et les droits des femmes, enfants, migrants, minorités et peuples autochtones.

Sources utiles
https://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/CoreInstruments.aspx

https://www.un.org/fr/sections/universal-declaration/foundation-international-human-rights-law/index.html

https://treaties.un.org/pages/Treaties.aspx?id=4&subid=A&lang=fr

https://www.ohchr.org/EN/UDHR/Pages/Language.aspx?LangID=frn1

 

 

L’histoire d’Amnesty par Josiane Carré.

Le lien entre la DUDH et AI est évident : bien que les états signent et même parfois ratifient les textes internationaux, ils ne les respectent pas, ne prenons comme exemple que la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (30 ans).

Et c’est là le rôle essentiel d’Amnesty : dénoncer publiquement les violations de droits humains, interpeller les gouvernements en leur rappelant leurs engagements et utiliser une arme massive pour le faire : la voix des concitoyens.

 

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis engagée dans le mouvement : la simple citoyenne peut agir concrètement et pas seulement donner des sous. Et il y a de multiples moyens d’agir, des moyens qui sont à la portée de tous. J’y reviendrai.

 

Avant de vous dire comment j’agis, je vais retracer très brièvement l’histoire d’Amnesty, depuis sa création jusqu’à ce jour, cad comment l’organisation est passée de la défense des prisonniers d’opinion à la défense de l’ensemble des droits humains contenus ds la déclaration.

 

AI a été fondé par le juriste anglais Peter Benenson. Il avait appris par la presse que 2 étudiants portugais avaient été condamnés à 7 ans de prison pour le simple fait d’avoir porté en public un toast à la liberté.  Nous sommes en 1960 – Rappel de la dictature de Salazar au Portugal, jusqu’en 74 – Il publie alors une lettre ouverte dans le journal londonien ‘The Observer’ dans laquelle il exprime son écoeurement, son indignation mais aussi son impuissance devant de telles situations qui touchent- dit-il – des millions de personnes dans le monde. Aussi, il lance un appel à l’action collective puisqu’il écrit, je cite : si ces sentiments de dégoûts, d’écoeurement , que chacun ressent,  pouvaient être réunis en vue d’une action commune, quelque chose d’efficace pourrait être réalisé. …fin de citation.

 

Car en fait, rappelait Benenson, ces 2 jeunes n’avaient fait qu’utiliser de manière non violente leur droit à la liberté d’expression consacrée par l’art. 19 de la DUDH. –– Afficher cet article 19 ? / le citer ? / citer le début ?

‘Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit’

 

L’appel de Benenson se répercute dans le monde entier et très vite, un an plus tard, en 61,  il débouche sur la création d’une organisation qui va défendre, comme je l’ai dit précédemment, des individus menacés quand ils s’expriment librement. Ces individus, AI va les appeler prisonniers d’opinion., label !! pour lesquels AI réclame la libération immédiate et inconditionnelle.

 

Ainsi naît cette organisation internationale, une ONG donc, qui se veut et est tjs indépendante et impartiale. Elle compte maintenant 7 millions de membres. Son siège international est tjs à Londres mais il y a des ‘filiales ‘ dans tous les pays démocratiques que l’on appelle section : il y a la section française, allemande, italienne, espagnole, donc une section par pays sauf en Belgique …. Mais je ne vais pas vous parler de la structure d’Amnesty, -Christine le fera mieux que moi si vous avez des questions à ce sujet- je vais évoquer comment Amnesty a évolué depuis 61.  

 

Très vite, Amnesty a dû étendre son mandat de défenseur des prisonniers d’opinion et demander pour tous les prisonniers

un procès juste et équitable

qu’on ne les torture pas

qu’on ne les exécute pas

 

Quand je dis a dû étendre son mandat, c’est parce que se sont posés le cas de Mandela et celui des membres de l’IRA qu’Amnesty ne pourra considérer comme prisonniers d’opinion et qu’elle appellera prisonniers politiques.

 

Pour ceux-là et pour tous les autres aussi, les membres d’Amnesty vont réclamer l’abolition de la torture, de la peine de mort ainsi qu’un procès équitable.

 

Pourquoi ? – Ce sont des droits fondamentaux inscrits dans la DUDH, des droits que l’on qualifie de civils et politiques.

Vous savez qu’il peut être facile de transformer un voleur de pommes ou un opposant politique en criminel quand il est sous l’emprise de la torture et pour lequel la sentence devient facilement la peine de mort.

La torture et la peine de mort sont des traitements cruels, inhumains et dégradants qu’il faut abolir. Point !

 

La défense de ces droits civils et politiques va être le cheval de bataille d’AI, sur lequel l’organisation va asseoir sa réputation en tant qu’indépendante et impartiale. La précision et l’exactitude de ses informations en font une org constamment consultée par l’ONU et l’Union européenne quand on veut connaître l’état des droits humains dans un pays donné. Elle se dote d’une ‘armée’ de chercheurs, près de 500 employés temps plein, qui font un travail formidable de recueil d’informations, de croisement des sources etc… et qui informe et publie des rapports diffusés internationalement.

 

D’ailleurs en 1977, AI obtient le prix Nobel de la paix.

 

Dans les années 80, AI étend encore son mandat et se mobilise pour combattre les disparitions et les exécutions extrajudiciaires et mène début 9O sa première campagne pour le Droit des femmes et le Droit des homosexuel(le)s.

 

AI va aussi contribuer à la création de la Cour Pénale Internationale, chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime de guerre et de crime contre l’humanité. Elle entre en vigueur en 2002 mais est le résultat d’un lobbying acharné commencé dans les années 90. (1)

 

Et nous arrivons en 2001, date à laquelle Amnesty prend l’option de défendre l’ensemble des Droits humains inscrits dans la Déclaration. AI inclut donc dans son mandat la défense des Droits économiques, sociaux et culturels. Ce sont les droits à l’éducation, au logement, aux soins de santé, à une rémunération équitable, à la liberté de culte…

 

L’élargissement de son mandat va permettre à Amnesty de s’associer à des organisations comme Oxfam ou Handicap International ou à des associations de défense de l’environnement pour mener des campagnes d’informations sur la nécessité de rémunérations équitables, sur l’urgence de réglementer le commerce des armes légères et sur les exactions environnementales commises par des firmes chimiques ou pétrolières, par ex, dont les premières victimes sont les habitants de territoires donnés. Je pourrais vous donner des dizaines d’exemples qui montrent que les droits économiques, sociaux et culturels sont intimement liés aux droits civils et politiques car tous sont interdépendants et indivisibles.

 

Par exemple, celui de paysans mexicains, qui furent arrêtés, torturés et accusés à tort de trafic de drogues parce qu’ils avaient osé s’opposer à la déforestation de leurs terres et dont l’avocate a été assassinée parce qu’elle avait osé prendre fait et cause pour ces paysans. Amnesty a dénoncé ce cas selon ses méthodes (la publicité et la mobilisation citoyenne) et les paysans ont été libérés et acquittés. Ou encore le cas de ces travailleurs issus du sud-est asiatiques occupés pour l’instant au Qatar à construire les stades pour la future coupe du monde en 2022. Des travailleurs à qui on a retiré le passeport pour ne pas qu’ils quittent leur travail( droit à l’identité – art   )  qui souvent ne sont même pas payés (droit à une rémunération équitable –art   ) , à qui il est interdit de se regrouper pour défendre leurs droits (droit à ….., et à qui l’accès à la justice est quasi impossible (droit civil – art  )

 

Maintenant que j’ai retracé son histoire et évoqué ses modes d’actions, vous vous demandez certainement :AI, Est-ce que ça marche ? Est-ce efficace ?

Ben oui, ça marche, pas toujours comme on le souhaiterait mais on remarque que la peine de mort, par ex, disparaît de plus en plus dans les constitutions ou du moins qu’elle n’est plus appliquée dans de nombreux pays ; que des prisonniers d’opinion sont libérés, que des condamnés à mort obtiennent la révision de leurs procès et arrivent à prouver leur innocence,  sans parler du soutien que les groupes d’Amnesty apportent aux prisonniers d’opinion, par l’envoi de lettres, de messages, de vidéos, et qui leur permettent de tenir le coup car ils savent qu’il ils ne sont pas oubliés. Les prisonniers oubliés, c’était d’ailleurs le titre de la lettre ouverte qu’avait publiée Benenson…

 

Perso, animatrice bénévole ds les écoles … C’est ma manière de m’engager.

Il existe d’autres moyens : acheter une bougie, signer des pétitions, envoyer des lettres, participer à une manif ou à un sitting (devant une ambassade), visiter une expo d’AI (Devoir de Regards, Droit(s) dans les Yeux, Je suis humain), faire un don, coucher Amnesty sur votre testament, faire partie d’un groupe d’action -55 en Belgique-

 

(1) Le siège officiel de la Cour est situé à La Haye, aux Pays-Bas. Depuis le 4 mars 2016, 123 États sur les 193 États membres de l’ONU ont ratifié le Statut de Rome et acceptent l’autorité de la CPI (dont tous les États de l’Union européenne). Cependant, trente-deux États supplémentaires, dont la Russie et les États-Unis, ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié. Certains, dont la Chine et l’Inde, émettent des critiques au sujet de la Cour et n’ont pas signé le Statut. La Cour n’est compétente que pour les crimes commis après la date d’entrée en vigueur du Statut de Rome (le 1er juillet 2002) ;

La Cour, contrairement aux TPI, applique un principe de complémentarité en vertu duquel elle n’engage de poursuites que si l’État concerné n’a ni la capacité ni la volonté de le faire. En d’autres termes, si un État mène des poursuites à propos d’une affaire qui concerne également la Cour, cette dernière devra se dessaisir de l’affaire en faveur des tribunaux nationaux. La Chambre préliminaire I, dans l’affaire Le Procureur c/ Thomas Lubanga Dyilo a précisé cependant que, pour qu’une affaire soit déclarée irrecevable devant la Cour, il fallait que les poursuites visent la même personne et concernent le même comportement criminel.

 

 

 

68.                    Déclaration universelle des droits de l’homme

69.                    Préambule

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme, Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression, Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations, Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales, Considérant qu’une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement, L’Assemblée générale Proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 6

Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

Article 7

Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 8

Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

Article 9

Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé.

Article 10

Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Article 11

Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.

Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’acte délictueux a été commis.

Article 12

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 13

Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.

Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15

Tout individu a droit à une nationalité.

Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16

A partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.

Le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux.

La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat.

Article 17

Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété.

Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Article 20

Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.

Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association.

Article 21

Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.

Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.

La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23

Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.

Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal

Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.

Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

Article 25

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Article 26

Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Article 27

Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent

Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29

L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.

Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un Etat, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

 

 

Wallon
Source: Waremme – Ville de la Paix, Wallonie, Belgique

149.              DÉCLARÅCION UNIVERSÈLE DÈS DREÛTS D’L’OME

150.[Preamble]

Il a stu ad’mètu ‘ne fèye po totes

Qui l’fondemint dè-l’lîbèté, dè-l djustice èt dè-l’påye tot-avå l’monde, c’èst l’rik’nohnance dè-l’dignité qu’èst l’prôpe di tos lès-omes èt dès dreûts égâls qu’ils ont èt qu’on n’èlzi pout mèskeure;

Qui l’fêt’ dè n’in rik’nohe ou dè foler ås pîds les dreûts d’l’ome ont k’dû sacwants a rabahî èt brutålizer l’s-ôtes d’ine tèle manîre qui l’consyince di l’ûmanité ènn’a stu révoltêye;

Qui l’pus grand èspwér dès djins, c’èst l’avén’mint d’on monde wice qui lès-omes sèront lîbes dè djåser èt dè creûre, tot-z-èstant d’halés dè-l’sogne èt dè-l’mizére;

Qui lès dreûts d’l’ome divèt-èsse ptotéjés d’on rèdjime di dreût di téle dôrt qui l’ome ènn’arive nin a l’rèvole disconte l’abus dè pouvwér èt l’assèrvih’mint, fåte d’aveûr situ aconté èt après aveûr tot fèt po-z-èsse rik’nohou;

Qu’i fåt mète èn-avant, å-d’-dizeûr di tot, l’amitié inte lès peûpes èt les nåcions;

Qui lès peûpes dès Nåcions-Unies ont volou r’dîre chal leû fwé divins lès dreûts naturéls di l’ome, divins l’dignité èt l’valeûr dès djins, divins l’égålité dès dreûts inte lès-omes èt lès feumes, èt qu’il ont dit leû vol’té dè fé tot po mète èn-alèdje li progrès sociål èt po mète è plèce dès todi mèyeûzès condicions dè viker divins ‘ne lîbèrté todi plus grande;

Qui lès-Etats Mambes s’ont-st-égadjî a mète èn-oûve po d’bon li rèspèt dès dreûts d’l’ome èt d’sès vrêyes lîbèrtés tot-avå l’monde, avou on côp di spale di l’Organizåcion dès Nåcions-Unies;

Qu’ine minme îdèye di cès dreûts èt d’cès lîbèrtés-chal èst dè-l’pus hôte importance po poleûr tini vrêmint ciste ègadj’mint-la.

L’ASSIMBLÊYE GÉNÉRÅLE proclame li prézinte

DÉCLARÅCION UNIVERSÈLE DÈS DREÛTS D’L’OME come èstant lès valeûrs qui tos lès peûpes èt totes lès nåtions divrît mète èn-ouve. Qui lès cis qui t’nèt l’vièrna dès sôciétés tot comme chaskeun’ å rès, avou djoûrmay cisse Dèclaråcion è l’tiesse, sayèsse dè mète èn-avant li rèspèt d’cès dreûts èt lîbertés-chal, divins lès scoles èt l’éducåcion po nn’ariver, pitchote a midjote, gråce a dès mèzeûres nacionåles èt internacionåles, a ‘ne rik’nohance di cès dreûts èt d’cès lîbertés-la, po qu’i sèyèsse mètous èn-alèdje po d’bon tot avå l’monde, ot’tant po lès populåcions dès-Etats Mambes zèls minmes qui po lès cisses dès téres qui sont d’zos leû k’dûhance.

162.Artike prumî (1)

Tos lès-omes vinèt-st-å monde lîbes, èt so-l’minme pîd po çou qu’ènn’èst d’leu dignité èt d’leus dreûts. I n’sont nin foû rêzon èt-z-ont-i leû consyince po zèls, çou qu’èlzès deût miner a s’kidûre onk’ po l’ôte tot come dès frés.

164.Artike deûzinme (2)

Chaskeun’, seûy-t-i ome ou feume, pout fé valeûr tos lès dreûts èt totes lès lîbèrtés qui nous sont rachou d’vins l’prézinte Dèclaråcion, èt n’pôrèt-on prinde nouk’ po mons qu’i n’èst a cåse di s’race, dè-l’coleûr di s’pè, di s’lingadje, di çou qu’i creût, di sès-îdèyes so-l’politique ou so tot ôte tchwès, di qué payis qu’i provint, di s’condicion d’ritche ou d’pôve, dè-l’contrêye wice qu’il a vèyou l’djou ou bin d’tot minme qwè qui ç’seûye. Di pus’ nolu n’deût påti dè-l’condicion di s’patrèye rapôrt ås-ôtes payis, qui l’contrêye ou l’payis di d’wice qu’i provint seyèsse indépandants, nin mêsses di zèls po d’bon ou bin rastrindou d’vins leûs dreûts, èt mågré tot çou qu’on pôreût tûzer di leû gouvèrnumint.

166.Artike treûzinme (3)

Chaskeun’ a dreût a-l’vicårèye, a-l’îberté èt a-l’sûreté po lu minme.

168.Article qwatrinme (4)

Nolu n’sèrè t’nou come èsclåve ou ovrî sins salêre, l’èclavadje di tote sôrt, tot come dè fé martichî dès-èsclåves di tot l’minme quéle manîre sont disfindous.

170.Artike cinquinme (5)

Nolu n’pôrèt-èsse må trêti, mètou a-l’torteûre, ou rabahi avou dès cruwélès ponnes nin dègnes d’in-ome.

172.Artike sihinme (6)

Chaskeun’ a l’dreût d’èsse rik’nohou tot-avå po çou qu’il èst sorlon si lwè tot come sès dreûts.

174.Artike sètinme (7)

Turtos sont so-l’minme pîd po d’vant li lwè èt turtos ont dreût d’èsse protéjés d’-l’minme manîre pa li lwè. Turtos ont dreût a ‘ne minme prôtècsion po n’nin èsse mètous so-l’costé d’ine manîre qu’îreût disconte li prézinte Dèclaråcion, mins ossu disconte to çou qu’pôreût miner a garanti onk èt nin l’ôte ou a tote sôrt di préférince.

176.Artike ûtinme (8)

Chaskeun’ a l’dreût d’s’aler plinde èt d’èsse ètindou po d’bon dè-l’justice compétinte di s’payis, di tot çou qu’sèreût fêt po mète a må lès mêsses dreûts qu’lî sont rik’nohous dè-l’constitucion ou bin dès lwès.

178.Artike noûvinme (9)

Nolu n’pout-èsse sins rêzon tchoûki è-l’pote, tinou èprîh’né ou tchèssi foû di s’payis.

180.Artike dîhinme (10)

Chaskeun’ a l’dreût d’èsse ètindou d’ine minme manîre, divant tot l’monde èt sins totès fêtès-îdèyes, divant on tribunål indépendant èt djusse qui dècid’ré d’sès dreûts ou bin d’sès d’vwérs, tot come lî r’vint l’dreût di s’disfinde di çou qu’on lî r’proche ou bin d’çou qu’on l’acuse.

182.Artike onzinme (11)

Tot quî è-st-acusé d’ine måcule deût-èsse tinou po ènocint d’çou qu’on lî r’proche disqu’a tant qu’i seûye rik’nohou coupåbe, èco fåt-i qui s-procès seûye public, qui totes lès règues sèyèsse rèspèctêyes èt qu’il åye avou l’dreût di s’disfinde po d’bon.

Nolu n’pout-èsse condåné po ‘ne sacwè qu’il a fêt ou qu’i n’a nin volou fé a on moumint wice qui, sorlon lès lwès di s’payis ou dè monde, çouchal n’èsteût nin co ‘ne fåte. De-l’minme manîre, on n’è-l’pôrè puni pus fwèrt qu’i n’l’åreût stu å moumint wice qui l’afêre s’a passé.

185.Artike dozinme (12)

Nouk ni pôrê aler hèrer s’narène divins l’vicårèye, li famile d’in-ôte, brokî ê s’mohone ou bin nahî d’vins sès lètes èt sès papîs, ni l’ac’sûre divins si-oneûr ou s’réputåcion. Chaskeun’a l’dreût d’èsse protéjé dès lwès disconte dès s’fêtès manîres.

187.Artike trazinme (13)

Chaskeun’ a l’dreût d’aler tot wice qu’i vout d’vins ‘n-Etat èt d’î tchûzi come i vout l’plèce la qu’i vout d’mani.

Chaskeun’ a l’dreût dè qwiter tot l’minme dué payis, minme li sonk, èt dè raler è s’payis qwand i lî plêt.

190.Artike catwazinme (14)

S’il èst k’tchèssî, chaque ome a l’dreût dè cwèri a s’ahouter èt dè trover on ratrêt divins dès-ôtes payis.

On n’si pout nin chèrvi di ç’dreût la s’on-z-èst porsûvou po ‘ne måcule qui li lwè réprouve ou po dès keûres qui vont disconte çou qu’lès Nåcion-Unies volèt mète èn-avant.

193.Artike qwinzinme (15)

Chaskeun’ a l’dreût a ‘ne nacionålité.

On n’pout r’prinde a nolu, èt sins rêzon, si nacionålité, tot comme si dreût d’ènnè candjî.

196.Artike sazinme (16)

Si vite qu’ènn’ont l’adje, ome èt feume, di tot l’minme quéle race, nacionålité ou r’lidjon, ont l’dreût di s’marier èt dè fonder ‘ne famile. Il ont lès minmes dreûts po çou qu’ènn’èst dè marièdje, tant qu’i sont mariés ou s’i m’nèt a d’vôrcer.

Li marièdje ni s’pout fé qui dè-l’plinne vol’té èt dè-l’tchûze dès cis qu’s’ont promètou lès-acwèrdances.

Li famile c’èst l’vrêye fondemint dè-l’socièté, lî r’vint l’dreût d’ine prôtècsion dè-l’sôciété èt d’l’Etat.

200.Artike dîsètinme (17)

Tot l’monde, seûye-t-i a lu tot seû ou bin avou dès-ôtes, a l’dreût d’aveûr dès bins.

On n’pout r’prinde sès bins a nolu, sins bone rêzon.

203.Artike dîhûtinme (18)

Chaskeun’ a l’dreût dè tûzer çou qu’i vout, d’aveûr si consyince por lu èt dè priyî tot l’minme qué Bon Diu, çoula vout dîre ossu qu’i pout candjî di r’lidjon ou bin candjî d’îdèye. Tot seû ou bin avou dès k’pagnons, è s’mohone to come å d’fou, i pout dîre tot hôt çou qu’i creût, l’aprinde ås-èfants, tot come ènnè fé-årèmus ou lès cérémon’rèyes.

205.Artike dî-noûvinme (19)

Chaskeun’ a l’dreût d’sès-opinions èt l’lîbèrté d’èlzès d’ner a k’nohe, çou qui vout dîre qu’on nè-l’pôrè toûrmèter po çou qu’i tûze èt qu’i pout cwèri sins rat’na lès informåcions come lès îdèyes, ènnè r’çure èt ‘nnè ripåde lådje èt lon, minme foû payis, èt di tot l’minme quéle manîre.

207.Artike vintinme (20)

Chaskeun’ a l’dreût di s’rapoûler ou d’s’acolèber po ‘ne bone cåse.

Nolu n’pout-èsse fwèrci dè fé pårtèye d’ine associåcion.

210.Artike vint-euninme (21)

I r’vint a chaskeun’ li dreût dè prinde si pårt po çou qu’ènn’èst dè tinre li vièrna di s’payis, seûye-t-i dirèctèmint, ou bin tot tchûzihant lîbrèmint dès r’pruzintants.

Chaskeun’ a l’minme dreût dè prinde on posse divins l’administråcion dis s’payis.

Li vol’té dè peûpe c’èst l’fondemint dè pouvwèr d’on gouvèrnumint; cisse vol’té-là si deût d’ner a k’nohe divins dès-èlèc’cions qui sûvèt l’dreût dè djeû, qu’on deût adjèrcî a tchoke, avou l’sufradje ûniversél : in-ome ine vwè, èt å vôte sècrèt, ou di tot l’minme quéle ôte manîre qui rèspèceye li lîberté dè ci qui deût d’ner s’vwès.

214.Artike vint’deûzinme (22)

Chaskeun’ come mambe dè-l’sôcièté, a dreût a-l’sécurité sociâle; èlle èst fondêye po qu’l’ome åye çou qu’a dandjî po s’dignité come po frudjî d’cwèr èt åme. Chaque payis deût fé çou qu’i pout sorlon sès ritchèsses èt si-organisåcion, mins s’deût-i poleûr compter ossu so on côp di spale dès-ôtès nåcions.

216.Artike vint’treûzinme (23)

Chaskeun’ a l’dreût d’ovrer, dè tchûzi l’mesti qu’lî plêt, dè-l’fé divins dès bonès condicions èt d’èsse aasûré disconte li chômèdje.

Turtos on dreût, sins nole diférince, a on minme salère po on minme ovrèdje.

Tos lès cis qu’ovrèt on l’dreût d’èsse payis d’tèle sôrt qu’il åyèsse assez po viker èt po fé viker leû famile, sins qwè èlzi r’vinrè dè toucherd’ine manîre ou d’ine ôte, ine sacwè d’pus’ qui çou qu’gâgnèt.

Chaskeun’ a l’dreût d’èmantchî avou dès-otes dès sindicats èt d’fé pårtèye d’on sindicat po disfinde sès-intèrèts.

221.Artike vint’cwatrinme (24)

Chaskeun’ a l’dreût di s’ripwèzer èt dè prinde dè bon tins. Insi n’deût-on nin l’oblidjî d’ovrer a fwèce sins r’las èt foû mèzeûre èt lî r’vint-i dès condjîs payis å bout d’on tins.

223.Artike vint’cinquinme (25)

Chaskeun’ a l’dreût dè gågni assez po s’poleûr sognî èt-z-aveûr bon, por lu-minme èt s’famile, insi po çou qu’ènn’èst dè magnî, di s’moussî, di s’lodjî, dè payî l’docteur èt l’apoticåre ou bin lès chèrvices qu’ènn’a dandjî. Chaskeun’ a l’dreût a-l’sécurité s’il èst sins-ovrèdje, malåde, invalîde, vèf, qwand i d’vint vî ou qwand i n’a pus nole rintrêye di çans’ la qu’ci n’èst nin di s’fåte.

Les mames èt lès-èfants ont pôr li dreût d’èsse êdîs. Tos lès-èfants, qu’i sèyèsse vinous å monde di djins mariés ou foû dè sacrumint divèt-èsse protéjés dè-l’minme manîre.

226.Article vint’sîhinme (26)

Chaskeun’ a l’dreût d’aler è scole. Li scole ni deût rin coster, dè mons po çou qu’ènn’èst dès p’titès scoles la qu’tot l’monde deût-èsse oblidjî d’aler. On deût trover tot-avå dès scoles tècniques èt profèssionéles ; tot l’monde so-l’minme pîd deû poleûr fé dès hôtes-études sorlon sès mérites èt sès quålités.

L’éducåcion deût pèrmète a chaskeun’ dè fé frudjî sès capåcités èt deût rinde pus fwèrt li rèspèt dès dreûts d’l’ome èt dès prumîrès lîbertés. Ele deût aminer les djins di tot l’minme quèle race ou r’lidjon, lès peûpes èt lès nåcions, a s’mî comprinde èt s’supwèrter, tot fant hôt avou lès Nåcions-Unies po çou qu’èst dè garanti l’pâye.

C’è-st-å prumî rang ås parints qu’i r’vint dè tchûzi l’mèyeuse sicole po leûs-èfants.

Artike vint’sètinme (27)

Chaskeun’ a l’dreût dè prinde lîbrèmint pårt a çou qui fêt l’vèye culturéle dè-l’comunôté, dè profiter dès-årts èt dè prinde pårt ås progrès dè-l’syince èt tot çou qu’aminèt d’bon.

Chaskeun’ a l’dreût dè veûy garanti sès-intérêts po dès-oûves di syince, di scriyèdje ou d’årtisse, qu’ènnè l’ôteur.

233.Artike vint’ûtinme (28)

C’è-st-on dreût po chaskeun’ qui l’monde rote di tèle manîre qui, po ‘ne classe ou l’ôte dè-l’société come d’on payis a l’ôte, lès dreûts èt lès lîbertés qui s’trovèt chal rachous si polèsse mète èn-alèdje.

235.Artike vint’noûvinme (29)

L’ome a dès dvwèrs po l’communôté wice qu’i pout dègn’mint crèhe èt viker.

Po çou qu’ènn’èst d’sès dreûts èt d’sès lîbertés, chaskeun’ divrèt d’morer d’vins lès-arôyes qui li lwè a mètou djusse po garanti li rik’nohance èt l’rèspèt dès lîbertés dès-ôtes, dè-l’moråle, dè-l’tranquilité èt dè-l’binåhisté d’turtos divins ‘ne sôciété d’dèmocråtes.

Cès dreûts èt cès lîbertés-la ni spôront mây mète come dès hames è-l’vôye di çou qu’volèt fé lès Nåcions-Unies.

239.Artike trintinme (30)

Rin di tot çou quis’troûve divins cisse Dèclaråcion-chal ni pout d’ner a tûzer d’in-Etat ou d’ine sakî, qu’il a l’dreût dè fé tot l’minme qwè qui pôreût mète a må lès dreûts èt lès lîbertès qu’î sont rachous.

 

Détails

Date :
6 décembre 2019
Heure :
8 h 00 min - 17 h 00 min